“En novembre 1929, des milliers de femmes Igbo se sont rassemblées dans les centres d’administration autochtones de Calabar et d’Owerri ainsi que dans des villes plus petites pour protester à la fois contre les warrant chiefs et contre les taxes imposées aux marchandes. En recourant à la pratique traditionnelle consistant à censurer les hommes par des chants et des danses nocturnes ridiculisantes (souvent appelée « s’asseoir sur un homme »), les femmes chantaient et dansaient, et dans certains lieux forcèrent des warrant chiefs à démissionner de leurs fonctions. Elles ont aussi attaqué des magasins appartenant à des Européens et la Barclays Bank, fait irruption dans des prisons pour en libérer les détenus, et s’en sont pris aux tribunaux indigènes gérés par des officiers coloniaux, incendiant nombre d’entre eux. La police coloniale et des troupes furent appelées ; elles tirèrent sur les foules rassemblées à Calabar et Owerri, tuant plus de 50 femmes et en blessant plus de 50 autres. Pendant cette « guerre » de deux mois, au moins 25 000 femmes Igbo participèrent aux protestations contre les responsables britanniques.
La Guerre des femmes d’Aba amena les autorités coloniales à abandonner leurs projets d’imposer un impôt aux marchandes et à limiter le pouvoir des warrant chiefs. Le soulèvement des femmes est considéré comme le premier grand défi à l’autorité britannique au Nigeria et en Afrique de l’Ouest durant la période coloniale.”
Mon arrière-grand‑mère, Regina (représentée par ma cousine, Jennifer), faisait partie des milliers de femmes combattantes de cette Guerre des femmes qui a duré deux mois.